Mise à jour le Vendredi 22 Janvier 2010 22:37 Écrit par Vincent Rousseau Mercredi 27 Juin 2007 21:03
Problèmes et Solutions » Questions Réponses
Un problème de polices "pixélisées"…
La question :
Je suis maquettiste en PAO, je travaille sur Photoshop, Quark XPress, Illustrator et Image Ready. Récemment, j'ai fait la mise en page de visuels sur Quark XPress pour des journaux quotidiens ; j'ai réussi à faire une bonne mise en page mais au finish les polices utilisées me semblent être pixélisées, après leurs sorties dans les différents journaux.
J'ai besoin de vos conseils.
PS. quels formats je dois envoyer à l'imprimeur ?
xtg ? quark ? gabarit ? ou Pdf ?
La réponse :
D'abord, je commence par la fin : quel format de fichier livrer à l'imprimeur ? Inutile de chercher à se compliquer la vie aujourd'hui : à moins d'une demande expresse contraire, les fichiers livrés à l'imprimeur seront au format PDF. Les fichiers natifs (XPress, Illustrator, Indesign…) sont à éviter, car il est préférable de détecter les problèmes le plus tôt possible, au niveau de la personne qui crée les documents, et ce grâce à la création et au contrôle de fichiers PDF. Acrobat Pro est requis ; un graphiste professionnels peut difficilement en faire l'économie. En revanche, le plug-in Pitstop est accessoire.
Ces PDF seront en format Acrobat 4 (PDF 1.3), toutes transparences aplaties, polices incorporées, images en résolution entre 1,5 fois et 2,5 fois la linéature d'impression, si possibles compressées mais dans la meilleur qualité de compression possible, couleurs en quadrichromie (CMJN) ou quadrichromie + tons directs (uniquement si des couleurs supplémentaires sont requises), donc aucune couleur ni aucune image en RVB, Lab ou Couleurs indexées. Le noir et blanc est bien sûr autorisé et ne doit pas être converti en CMJN ;-). Le format PDF/X-1a:2001 (norme ISO) garantit le respect de ces critères techniques, sauf les contraintes de résolution.
Un article proposant certains réglages possibles pour la création de fichiers PDF, en trois qualités différentes et avec plusieurs logiciels PAO, sera disponible sur ce site prochainement. Un article relatif à l'identification des polices et à la validation de leur intégrité sera aussi ajouté très bientôt.
Pour ce qui est de l'aspect "pixélisé" des polices, il faudrait voir pour juger (il est possible de m'envoyer un échantillon).
Une pixélisation peut être causée par différentes "choses" :
- Utilisation d'une police PostScript Type 1 ou Multiple Master incomplète.
Plus précisément, la police dite "imprimante" est manquante. C'est la deuxième partie de ce type de polices, composées d'au-moins deux fichiers, et qui contient la description haute résolution du dessin des caractères, sous forme de courbes mathématiques, les fameuses courbes de Bézier. Un logiciel de gestion de polices (Suitcase, FontAgent Pro, FontExplorer), signalerait le problème. Une bonne expérience dans l'identification et le contrôle des polices pourrait aussi suffire, peut-être dès le premier coup d'œil (je vais y consacrer un article : comment identifier les problèmes sur les polices). Seul le fichier pour affichage écran étant disponible, cette police pourra être activée et utilisée, mais pas imprimée correctement. XPress pourra effectivement utiliser cette police et générer un fichier PostScript. Si aucun garde-fou n'est placé en aval, la pixélisation à l'impression est garantie, plus ou moins perceptible selon la nature du dessin de la police (police baton, finesses…) et selon le corps (corps 9 pt, corps 50 pt). Si l'on passe par la création d'un fichier PDF, les réglages définis pour ce PDF imposeront une incorporation intégrale des polices et l'arrêt du processus de création du PDF lorsqu'une police est manquante (c'est le cas avec tous les profils pour l'impression professionnelle, tel que PDF/X-1a:2001). Avec le format PDF : police manquante, pas de fichier à livrer ! L'utilisation de polices OpenType ou TrueType vous prémunira contre ce type d'incident. - Transparence mal gérée.
Les polices utilisées sont correctes. Elles ont été validées par l'expérience de l'opérateur et si possible par un gestionnaire de polices ou par un outil tel que FontDoctor. Par contre, dans les fichiers, il est fait usage de la transparence. En bout de course, la transparence est une chose qui n'existe pas dans le langage de description de page des matériels d'impression professionnels : PostScript. Cette transparence devra donc être "aplatie", c'est-à-dire que toutes les zones concernées par une transparence devront être fusionnées. Cet aplatissement (ou mise à plat) nécessitera des réglages précis pour obtenir une qualité acceptable en impression professionnelle haute résolution, comme l'impression offset. Le mécanisme de l'aplatissement est complexe. Il peut entraîner la pixélisation de certains textes, des filets maigres et d'autres objets jusqu'alors sous forme vectorielle. La fusion arrière-plan/premier plan, peut aussi générer des décalages de couleurs si des images utilisant des modes colorimétriques différents sont utilisées (RVB et CMJN par exemple).
Avec l'usage de transparence, quelques règles simples sont conseillées :
- Placer tous les textes au premier plan, dans la mesure du possible, par exemple en utilisant un calque dédié aux textes, afin de les préserver de l'aplatissement ;
- Spécifier un réglage d'aplatissement "haute résolution". Ainsi, si des objets vectoriels ou des textes sont pixélisés, ils le seront à 1200 dpi, résolution standard conseillée pour les images au trait.
- Spécifier, lorsque l'option est disponible, comme dans les logiciels Adobe, un réglage d'équilibre vecteurs/pixels qui donne la priorité au vectoriel (le logiciel qui crée le PDF fait le maximum pour préserver les données vectorielles). Ainsi, la plupart du temps, les textes ne sont pas pixelisés, bien qu'ils puissent être vectorisés et servir alors de masques (trasnformés en dessins vectoriels, donc non modifiables en tant que textes).
- Textes bitmap.
Les textes ont été créés dans un logiciel bitmap, c'est-à-dire un logiciel de retouche d'images, tel que Photoshop, et les fichiers n'ont pas été enregistrés "avec les données vectorielles". Un fichier PDF ou EPS sera capable de conserver les éléments vectoriels sous leur forme initiale de courbes de Bézier, sans les pixéliser. Encore faut-il choisir les bons formats de fichiers et choisir les bonnes options d'enregistrement. Photoshop peut enregistrer dans un format "Photoshop PDF" et c'est un bon choix, ainsi que l'EPS. Les textes peuvent aussi avoir été scannés, dans une résolution insuffisante : 300 dpi est correcte pour des images en demi-ton (avec des nuances, qui nécessiteront un tramage avant impression), mais la résolution conseillée pour du texte et des dessins au trait est de 1200 dpi, le minimum tournant autour de 600 dpi (en dessous, dégradation perceptible à l'œil nu). Si le texte est en couleur, les images des fichiers PDF ne devront pas être rééchantillonées à 300 dpi.
Observations :
- Pixélisation pourra s'écrire aussi "pixelisation" ou encore "pixellisation".
- J'aborderai sur ce site les questions liées à l'impression des transparences, en long, en large et en travers !
- Quark XPress gère les transparences depuis sa version 7 (7.2 ou 7.3 conseillée). Donc pas d'aplatissement à envisager avec une version 5 ou 6. InDesign la gère depuis sa première version et il faut donc se préoccuper de cet aspect des choses systématiquement, comme avec Illustrator (version 9 déconseillée).
- D'ici-là, vous pouvez consulter certains des documents (en anglais) concernant les bonnes pratiques avec la transparence qui sont diffusés par Quark et par Adobe sur leurs sites Internet respectifs :
>> QuarkXPress 7 Best Pratices: Transparency
>> Transparency in Adobe Applications : A Print Production Guide
Dernière Minute
Prudence avec l'aplatissement des transparences dans Acrobat 9 Pro. Les résultats peuvent être catastrophiques. Lire mon article sur ce problème d'aplatissement des transparences… Acrobat X Pro corrige le problème.

